
Dans la tradition de la numérologie chinoise, 2025 est une année 9 : celle des fins de cycle, des bilans, des clôtures nécessaires. 2026 sera une année 1 : celle des nouveaux départs, des élans, des fondations à reconstruire.
Difficile de ne pas y voir un écho avec ce que traverse notre profession depuis plusieurs années.
« Où cela nous mènera-t-il ? »
Le secteur des experts-comptables et des conseillers fiscaux a été profondément secoué. Réformes à répétition, pressions réglementaires croissantes, injonctions technologiques parfois mal calibrées, attentes sociétales toujours plus élevées…
Et, en toile de fond, une question revient sans cesse, parfois avec inquiétude : où tout cela nous mènera-t-il ?
Oui, imparfait. Mais irréversible.
La dernière bousculade porte un nom : la facturation électronique.
Un lancement marqué par des outils encore instables, des flux incomplets, des données incohérentes, des rapprochements impossibles, des règles appliquées mécaniquement, sans lecture du contexte économique réel.
Oui, ces imperfections existent.
Mais elles ne doivent pas masquer l’essentiel.
Ce n’est pas la fin du métier. C’est sa mutation.
Car derrière ces dysfonctionnements se dessine une transformation inébranlable de notre métier.
Ce que nous avons longtemps supporté — l’encodage « bête et méchant », chronophage et peu valorisant — est en train d’évoluer.
Pas de disparaître.
D’évoluer.
Les erreurs diminuent, la complexité demeure.
Les imperfections ne disparaîtront pas. Elles se réduiront, se déplaceront, se recomposeront.
Car le monde économique devient, lui aussi, de plus en plus complexe.
Et cette complexité ne se résout pas par des lignes de code seules.
La technologie outille. Elle ne remplace pas.
Contrairement à certains discours technologiques — parfois désobligeants, souvent hors-sol — le renouveau de notre profession n’est pas un renouveau technologique.
Il est humain, professionnel, intelligent.
Les technologies ne remplacent pas l’intelligence professionnelle.
Elles l’amplifient.
Comprendre, interpréter, sécuriser.
Demain, les experts-comptables curieux, ancrés dans la réalité économique joueront un rôle encore plus central.
Parce que les outils leur permettront de se concentrer sur ce qui fait leur valeur ajoutée :
comprendre une situation, poser les bonnes questions, interpréter, sécuriser, conseiller, rassurer.
Plus que jamais.
Ceux qui pensent que la technologie remplacera notre métier sont bien loin des réalités de la petite économie : indépendants, PME, associations, entrepreneurs — tous restent assoiffés de soutien, de clarté et de discernement.
Notre utilité n’a pas pris une ride.
Alors oui, regardons ces évolutions d’un bon œil.
Restons positifs, lucides, confiants.
Si 2025 est une année de clôture, 2026 sera celle du renouveau.
Un renouveau où notre profession, enrichie par la technologie mais guidée par l’intelligence humaine, continuera à jouer un rôle essentiel dans une économie qui en a profondément besoin.
La rentrée est là.
Et l’avenir aussi.