
Après une crise institutionnelle prolongée, le nouveau gouvernement bruxellois affiche une priorité claire : revenir à l’équilibre budgétaire en 2029, via une trajectoire pluriannuelle combinant maîtrise des dépenses (80%) et optimisation des recettes (20%).¹ Au-delà de l’affichage politique, les documents consultés et la Déclaration de politique régionale (DPR) du 13 février 2026 permettent d’identifier des mesures très concrètes – dont plusieurs auront des incidences directes pour les ménages, les entreprises et, par ricochet, pour le travail quotidien des experts-comptables (fiscalité immobilière, coûts de mobilité, aides, investissements, etc.).¹
Le cap annoncé est un retour à l’équilibre en 2029, soutenu par deux mécanismes de gouvernance :
La DPR annonce en outre une volonté d’alignement sur les recommandations de la Cour des comptes, avec l’objectif – “si possible” – d’un avis sur les comptes sans réserve dès 2026.¹
Les textes journalistiques évoquent un effort d’environ 1 milliard d’euros à résorber sur quelques années, avec une part importante sur l’administration : moratoire sur le personnel, non-remplacement partiel, réduction de l’absentéisme, plafonnement de barèmes, rationalisation des primes, et fusions d’organismes.
La DPR confirme un moratoire : hors fonctions opérationnelles en principe, et en 2026 sur l’ensemble du personnel (opérationnel et non-opérationnel), avec la précision que le traitement budgétaire ne peut pas conduire à des licenciements.
Dans la même logique, la DPR décrit une réorganisation administrative en piliers (service d’appui transversal, missions organiques, structure opérationnelle d’infrastructure, coordination foncière), avec une priorité en 2026 sur les piliers 1 et 2 pour “dégager un maximum de synergies et d’économies”.
La DPR utilise le terme “optimisation des recettes fiscales” et annonce surtout, à ce stade, des mesures de baisse ciblée (précompte immobilier via Be Home, baisse IPP, abattement droits d’enregistrement) conditionnées à la trajectoire budgétaire.¹
À côté de cela, des articles de presse pointent explicitement que “l’optimisation fiscale” pourrait masquer des hausses ou ajustements non entièrement détaillés, et listent des pistes de recettes : lutte contre fraude, meilleur recouvrement, corrections cadastrales, réformes tarifaires, etc.
Pour les professionnels du chiffre, le point clé est le suivant : le mix “80/20” implique que la hausse de recettes ne sera pas le moteur principal, mais les ajustements techniques (recouvrement, base taxable, tarification, fiscalité immobilière) peuvent être très concrets.
Trois jalons temporels structurent la DPR :
Exemple (illustratif) : un ménage propriétaire-occupant pourrait cumuler, sur la législature, (i) un allègement via Be Home sur le précompte immobilier, (ii) une baisse d’IPP à partir de 2028, et (iii) une amélioration de l’accès à la propriété via l’abattement si l’achat intervient au bon moment et sous conditions. La planification (date d’acte, statut d’occupation, admissibilité) deviendra donc un réflexe d’accompagnement.
Les articles de presse ajoutent un élément important pour les familles : une modification du précompte immobilier via une forfaitisation d’un mécanisme de réduction (au lieu d’une progressivité “par enfant”). (Point à traiter avec prudence tant que les textes d’exécution ne sont pas disponibles.)
Plusieurs mesures ont un impact direct sur les entreprises (flottes, déplacements, coûts) et sur les ménages :
L’objectif est de tendre vers 70% de taux d’emploi d’ici 2030, avec un renforcement de l’accompagnement dès le premier mois, une réduction des délais de suivi (notamment de 5 à 3 mois et de 12 à 6 mois), et des dispositifs de formation, y compris linguistique.
Sur le versant économique, la DPR met en avant une logique de redéploiement et d’attractivité, notamment :
La DPR décrit une stratégie intégrée “répression et prévention”, avec :
Axe | Mesure / outil | Horizon annoncé | Impacts probables (ménages / entreprises / secteur public) |
Gouvernance budgétaire | Comité de monitoring ; plafond d’endettement 3 Md (2 Md SEC + 1 Md “Code 8”) | 2026–2029 | Pilotage plus serré ; arbitrages accélérés ; lecture SEC/“déconsolidation” à suivre |
Fiscalité logement | Be Home doublée ; abattement droits d’enregistrement 600k→800k ; enveloppe fermée 100 M | 2027–2029 | Planification d’achat et d’occupation ; effets redistributifs à préciser |
IPP | Baisse d’1% pour tous les Bruxellois | Dès 2028 | Impact net variable selon revenus ; attention aux modalités d’exécution |
Mobilité / LEZ | Sanctions adaptées : 80 €/mois ; pass 350 € ; catégorie sociale 200 € | Dès 2026/2027 | Coûts de conformité pour flottes ; arbitrages “pass” vs mise à niveau véhicules |
Mobilité / projets | Métro 3 partiellement suspendu ; alternatives tram ; nouveau plan mobilité | 2026–2029 | Impacts chantiers, accessibilité, attractivité commerciale |
Économie / attractivité | Zones franches urbaines (Port/Audi) : levier fiscal + fast-track + RH | Législature | Opportunités d’implantation ; conditions emploi/investissement |
Sécurité | Commissaire anti-drogues ; 10 M€ gares ; intégration vidéo | Dès 2026 | Renforcement contrôle/prévention ; incidences sur activités locales |
Pour transformer ces annonces en accompagnement utile, cinq réflexes professionnels peuvent être posés dès maintenant :
Les documents publiés et la DPR du 13 février 2026 installent une trajectoire budgétaire bruxelloise structurée autour de trois messages : discipline budgétaire, réformes de fonctionnement et mesures ciblées (logement, mobilité, emploi, attractivité).¹ L’enjeu, pour les experts-comptables, est moins de commenter l’intention que d’anticiper les effets opérationnels : calendrier, conditions d’accès, articulation entre fiscalité régionale et situations individuelles, et sécurisation des choix.