• FR
  • NL
  • EN

1er février 2026: ce qui change pour vos clients… et ce que le cabinet doit anticiper

Le 1er février marque une série d’ajustements très concrets : certains touchent directement le pouvoir d’achat des ménages (transports, frais bancaires), d’autres modifient des paramètres juridiques sensibles (amendes pénales), et d’autres encore auront un impact administratif important dans la sphère santé (conditions de remboursement de certains antidiabétiques). Pour un cabinet d’expertise comptable et de conseil fiscal, l’intérêt n’est pas seulement « l’actualité » : c’est la capacité à traduire ces changements en impacts budgétaires, en réflexes de conformité et en messages simples pour les clients. Nous vous proposons un décodage pour vous nos membres, face à l’actu.


Qu’est-ce qui change exactement au 1er février 2026 ?

1) Frais bancaires : plusieurs tarifs Belfius revus

Plusieurs formules évoluent, dont le compte bancaire de base qui passe de 1,35 € à 1,65 € par mois, et des adaptations sur des packs « Beats » (hausse de certains, baisse d’autres).

Pourquoi c’est “cabinet-relevant” ?

  • Budgets des indépendants et PME : les frais bancaires sont un poste souvent sous-estimé dans les prévisions de trésorerie et, selon les dossiers, dans la ventilation « frais financiers / frais de fonctionnement ».
  • Paramétrage des outils : pour les clients en compta automatisée, une variation de prix récurrente implique parfois une mise à jour des modèles de catégorisation (et, plus simplement, un rappel : “surveillez vos extraits de février”).

Exemple

Un indépendant avec 2 comptes + un pack et un co-titulaire/mandataire peut voir un différentiel annuel de quelques dizaines d’euros. Ce n’est pas “énorme”, mais c’est typiquement le genre de micro-hausse qui nourrit le ressenti « tout augmente »… et génère des questions au cabinet.


2) Amendes pénales : hausse mécanique via les décimes additionnels

Les amendes pénales (celles prononcées par un juge) sont indexées via un multiplicateur (décimes additionnels). Le multiplicateur évolue, entraînant une hausse significative du montant effectivement payé (exemple souvent donné : une amende “de base” de 1.000 € devient 10.000 € au lieu de 8.000 € auparavant).

Pourquoi c’est “cabinet-relevant” ?

  • Provisions, litiges et gestion : côté entreprises, une condamnation pénale (ou le risque d’amende) est un sujet de gouvernance et de provisionnement comptable plus qu’un sujet fiscal.
  • Déductibilité : beaucoup de clients confondent “amende” et “frais”. Le réflexe pédagogique reste essentiel : une amende pénale n’est pas un coût “optimisable”, et sa déductibilité est en pratique très encadrée (et souvent exclue).
  • Communication RH / flotte / compliance : pour certains clients, la prévention (politique véhicules, procédures internes) devient économiquement plus rationnelle dès lors que l’échelle des sanctions grimpe.

Exemple

Un dirigeant qui minimise un risque (“on verra…”) peut être surpris par l’effet multiplicateur, surtout quand une amende “historique” est prononcée en 2026 sur base d’un texte ancien, mais indexée via les décimes.


3) Transports en commun : indexations et nouvelles grilles tarifaires

Plusieurs opérateurs appliquent des hausses et/ou des simplifications tarifaires à partir du 1er février :

  • SNCB : indexation annoncée des tickets et abonnements (tickets autour de +2,14%, abonnements autour de +2,6% selon les communications reprises par la presse).
  • STIB : hausse du ticket simple et des abonnements (mensuel/annuel).
  • TEC : indexation et simplification (fusion de titres, logique “billet unique” sur certaines lignes, etc.).
  • De Lijn : adaptations tarifaires sur plusieurs formules (cartes multi-trajets, abonnements), avec une inflation moyenne évoquée par la presse.

Pourquoi c’est “cabinet-relevant” ?

  • Politique de remboursement domicile–travail (employeurs) : ces hausses ravivent les questions “faut-il augmenter l’intervention ?”, “quid des abonnements combinés ?”.
  • Budget mobilité et avantages : même si ce n’est pas une réforme structurelle, l’augmentation des coûts de transport renforce l’intérêt comparatif des mécanismes existants (interventions, plans mobilité, etc.).
  • Justificatifs : côté salariés, les preuves de paiement/abonnement et les périodes couvertes peuvent changer (nouveaux titres, nouvelles appellations). Cela finit souvent… dans la boîte mail du cabinet.

Exemple

Un client employeur à Bruxelles qui rembourse 100% d’un abonnement annuel STIB verra automatiquement l’impact sur le budget RH “mobilité”, sans modification de la politique interne.


4) Santé : remboursement des analogues du GLP-1 conditionné à une autorisation

À partir du 1er février 2026, le remboursement de plusieurs médicaments antidiabétiques de la classe des analogues du GLP-1 (souvent cités : Ozempic, Rybelsus, Trulicity, Victoza, Xultophy) nécessite une autorisation via le médecin-conseil de la mutualité.

Pourquoi c’est “cabinet-relevant” ?

  • Pour les cabinets, le sujet est surtout pédagogique : beaucoup de clients assimilent rapidement ce changement à “une baisse de pouvoir d’achat” ou à “une décision fiscale”, alors qu’on est dans un mécanisme d’assurance soins de santé.
  • Pour certains employeurs, c’est un sujet RH indirect : absentéisme, stress administratif, questions “salaire net” (si des dépenses santé augmentent, l’attention sur la rémunération nette s’amplifie).

Exemple

Un client non diabétique utilisant un médicament “détourné” (perte de poids) peut se retrouver confronté à un refus de remboursement : effet immédiat sur le budget mensuel et, souvent, une incompréhension du “pourquoi maintenant ?”.


Tableau de synthèse : ce que le cabinet doit retenir (et faire)

Changement (entrée en vigueur)

Qui est touché ?

Impact concret

Réflexe cabinet (pratique)

Tarifs bancaires Belfius (01/02/2026)

Particuliers, indépendants, PME

Hausse de frais récurrents

Alerter les clients “budget”, vérifier paramétrage catégories (frais bancaires)

Décimes additionnels – amendes pénales (01/02/2026)

Toute personne/entreprise concernée par une amende pénale

Montants payés plus élevés

Message de prévention + rappel : amendes ≠ “frais” ; vigilance provisions/litiges

Transports (01/02/2026)

Navetteurs, employeurs

Abonnements/tickets plus chers, nouveaux titres

Anticiper questions sur remboursement, justificatifs, adaptation politiques internes

Remboursement GLP-1 (01/02/2026)

Patients concernés

Autorisation préalable → risque de non-remboursement

Orienter vers médecin/mutuelle, éviter lecture “fiscale” du sujet


Questions–réponses pour répondre vite aux clients

« Est-ce que ces changements ont un impact fiscal direct ? »

Pour l’essentiel, non : ce sont des hausses tarifaires (transports, banque), un mécanisme pénal (amendes) et une règle de remboursement santé. L’impact fiscal est indirect : budget, charges, politique de remboursement, et parfois traitement comptable (provisions, ventilation de charges).

« Un client employeur doit-il adapter tout de suite ses interventions domicile–travail ? »

Pas automatiquement. Mais il est utile de :

  • vérifier ce que prévoit la politique interne / CCT / usage,
  • distinguer “indexation de prix” et “modification de droit”,
  • s’assurer que les justificatifs restent lisibles (nouveaux titres/nomination côté opérateurs).

« Pourquoi parler d’amendes pénales dans une newsletter “cabinet” ? »

Parce que l’effet multiplicateur via décimes additionnels change le niveau de risque financier. Et dès qu’un risque financier augmente, le cabinet est mécaniquement sollicité : “on provisionne ?”, “c’est déductible ?”, “on fait quoi en gouvernance ?”.


Recommandations (OECCBB) : 5 actions simples à mettre en œuvre dès février

  1. Mettre à jour vos checklists “questions clients” : frais bancaires, remboursements transport, amendes/provisions, santé (ne pas répondre “fiscalement” à un sujet INAMI).
  2. Préparer un message court à l’envoi des extraits de février : “si vous constatez une hausse de frais bancaires, ne l’ignorez pas : signalez-la, on ajuste le budget.”
  3. Outiller l’équipe : une mini-note interne “amendes pénales : décimes additionnels – réflexes comptables et de gouvernance”.
  4. Anticiper la saison mobilité : abonnements, remboursements, et cohérence avec les politiques internes (surtout pour les clients multi-sites).
  5. Valoriser le rôle du professionnel : rappeler que la valeur du cabinet, c’est la traduction opérationnelle des changements — et pas seulement leur résumé.

En filigrane, c’est exactement la vocation d’un Ordre comme l’OECCBB : transformer l’actualité réglementaire en réflexes sûrs, proportionnés et utiles pour les cabinets… et pour les entrepreneurs qu’ils accompagnent au quotidien.

Mots clés