
Intervention de l’employeur dans les frais de transport en 2026 : ce qui change après l’indexation de février
L’indexation des tarifs de la SNCB au 1er février 2026 (+2,6 % sur les abonnements) ne constitue pas seulement une information “mobilité” pour les travailleurs. Elle a aussi un impact direct sur les obligations sociales des employeurs en matière d’intervention dans les frais de déplacement domicile–lieu de travail.
Pour les cabinets d’expertise comptable et de conseil fiscal, cette évolution est un point d’attention concret : elle affecte les coûts salariaux, la conformité sociale et, dans certains secteurs, les paramètres de paie dès février 2026.
L’obligation minimale d’intervention de l’employeur est fixée par la CCT n° 19/9 du 23 avril 2019, qui impose une participation financière lorsque les travailleurs utilisent le train et/ou d’autres transports en commun pour leurs trajets domicile–lieu de travail.
Cette CCT a un caractère supplétif : elle s’applique en l’absence de dispositions sectorielles ou d’entreprise plus favorables.¹
En pratique, de nombreux secteurs prévoient des mécanismes plus généreux ou une intervention proportionnelle au prix réel de l’abonnement.
Les montants forfaitaires de la CCT n° 19/9 étaient initialement calibrés pour représenter environ 70 % du prix de la carte-train en 2019. Avec les indexations successives de la SNCB, cet équilibre s’est dégradé : en février 2024, l’intervention ne représentait plus qu’environ 56 % du coût réel pour le travailleur.
Pour corriger cet écart, les partenaires sociaux ont adopté la CCT n° 19/11 du 8 avril 2024, qui a :
Depuis la CCT n° 19/11, chaque adaptation de la carte-train en février entraîne une adaptation correspondante des montants de la CCT n° 19. Toutefois, cette répercussion est encadrée :
Ce mécanisme vise à maintenir un équilibre raisonnable entre le coût supporté par le travailleur et l’effort demandé à l’employeur, sans faire varier brutalement la charge salariale indirecte.
Pour illustrer l’effet combiné de l’indexation SNCB et de la CCT n° 19, prenons un cas simple.
Un travailleur effectue le trajet Ottignies – Bruxelles (26 km) :
→ environ 93 € par mois ou 926 € par an pour ce trajet.
Pour les employeurs, l’effet financier est donc sectoriel : le même trajet peut générer une hausse de coût différente selon la commission paritaire applicable.
La CCT n° 19/11 vise formellement les transports publics, mais son impact est parfois indirect sur les interventions liées aux transports privés (voiture). En effet, plusieurs secteurs indexent l’indemnité voiture par référence aux barèmes SNCB.
Dès lors, une indexation de la carte-train peut aussi entraîner, dans certains secteurs, une adaptation de l’intervention pour les déplacements en voiture.
À cela s’ajoute l’évolution récente de l’indemnité vélo :
Ces ajustements renforcent l’intérêt des politiques de mobilité douce dans la structuration des packages de rémunération.
Élément | Situation avant février 2026 | Situation après février 2026 | Référence |
Carte-train SNCB | Tarifs janvier 2026 | +2,6 % sur abonnements | Décision SNCB |
Base légale intervention | CCT n° 19/9 (2019) | CCT n° 19/9 modifiée par CCT n° 19/11 | CCT n° 19/11 (08.04.2024) |
Logique d’indexation | Pas de mécanisme automatique | Indexation encadrée (max. 2,5 %) | CCT n° 19/11 |
Impact employeur | Variable selon CP | Hausse possible de l’intervention | Documentation sectorielle |
Indemnité vélo | 0,29 €/km (2025) | 0,30 €/km (2026) – plafond exonéré 0,37 €/km | CCT n° 164 |
Pour sécuriser la conformité sociale et anticiper l’impact budgétaire, quelques réflexes s’imposent :
L’indexation de la carte-train en février 2026 illustre bien le caractère “vivant” du droit social de la mobilité : une adaptation tarifaire d’un opérateur public se traduit, via les conventions collectives, par des effets concrets sur la structure de coûts des employeurs.
Pour les experts-comptables et conseillers fiscaux, l’enjeu n’est pas seulement de “relayer l’information”, mais d’en traduire l’impact opérationnel pour leurs clients, commission paritaire par commission paritaire.