• FR
  • NL
  • EN

Combien facturent réellement les cabinets comptables en Belgique ?

Ce que révèle l’enquête TwinnTax… et le rôle clé du baromètre annuel de l’OECCBB

La question de la juste tarification des prestations comptables et fiscales traverse aujourd’hui toute la profession. Entre l’augmentation continue des obligations réglementaires, la complexification des dossiers, la digitalisation accélérée des processus et la pression concurrentielle, les cabinets sont de plus en plus nombreux à s’interroger : nos honoraires reflètent-ils réellement la valeur du travail fourni ?

L’enquête menée par TwinnTax en 2026 apporte un éclairage intéressant sur les pratiques de refacturation observées sur le terrain, tant du côté des cabinets francophones que néerlandophones. Elle constitue une photographie utile du marché à un instant donné .

Cette photographie mérite toutefois d’être replacée dans un cadre plus large et plus structurant pour la profession.


1. Un point de repère essentiel : le baromètre annuel des honoraires de l’OECCBB

Chaque année, l’OECCBB publie son propre baromètre des honoraires du secteur, établi sur la base de données collectées auprès de ses membres et analysées selon une méthodologie rigoureuse.

Ce baromètre a un objectif clair :

  • fournir des repères fiables et professionnels,
  • refléter la diversité des pratiques au sein de la profession,
  • permettre aux cabinets de positionner leurs honoraires de manière éclairée, en tenant compte de la réalité économique du métier.

Le baromètre 2026 de l’OECCBB sera prochainement (en mars 2026) mis à disposition des membres. Il viendra compléter utilement les études de marché externes, en apportant une lecture spécifiquement ancrée dans la pratique quotidienne des experts-comptables et conseillers fiscaux.


2. L’investissement logiciel : un coût structurel devenu incontournable

L’enquête TwinnTax rappelle un élément fondamental : la tarification ne peut être analysée indépendamment des investissements technologiques.

Près de la moitié des cabinets interrogés consacrent entre 6 et 10 % de leur chiffre d’affaires annuel aux logiciels, tandis qu’environ un tiers dépasse le seuil des 10 %. Ces chiffres confirment une réalité bien connue de l’Ordre : la digitalisation n’est plus un luxe ni un choix stratégique optionnel, mais une condition de conformité, de qualité et d’efficience.

Lecture institutionnelle : la refacturation de certains services ou outils numériques s’inscrit dans une logique économique saine et objectivable.


3. Déclarations IPP : une convergence des pratiques, avec des nuances

Salariés, dirigeants et pensionnés

Les données montrent une convergence marquée autour d’un prix de marché situé aux environs de 100 € pour l’établissement et le dépôt d’une déclaration IPP. La majorité des cabinets se situent dans une fourchette comprise entre 80 et 140 €, avec une dispersion légèrement plus large du côté néerlandophone.

Indépendants

Pour les indépendants, la complexité accrue des dossiers se reflète clairement dans les tarifs :

  • environ 250 € pour les cabinets francophones,
  • 250 à 300 €, voire davantage, pour une partie des cabinets néerlandophones.

Point de cohérence : ces niveaux de prix sont globalement alignés avec les tendances observées dans les analyses sectorielles suivies par l’OECCBB.


4. Gestion de la rémunération des dirigeants : un service encore inégalement valorisé

L’enquête met en lumière une facturation médiane d’environ 20 à 25 € par mois et par dirigeant, avec des écarts significatifs :

  • certains cabinets facturent jusqu’à 40 €,
  • d’autres intègrent totalement la prestation dans un forfait global.

Question de fond pour la profession : comment mieux rendre visible la valeur juridique, sociale et fiscale d’un travail récurrent à haute responsabilité ?



5. UBO, précompte mobilier, registre des actionnaires : la persistance du forfait

Les résultats confirment une forte logique de forfaitisation :

  • confirmation UBO : majoritairement facturée entre 40 et 75 €,
  • précompte mobilier : souvent inclus, ou facturé séparément autour de 25 €,
  • registre des actionnaires : près de 40 % des cabinets ne facturent pas distinctement la prestation.

Lecture stratégique : ces services restent parfois sous-valorisés au regard des risques juridiques et des obligations de conformité qu’ils impliquent.


6. Que retenir pour les cabinets membres de l’OECCBB ?

L’enquête TwinnTax apporte une photographie utile du marché, mais elle ne remplace pas les outils de pilotage développés par la profession elle-même.

C’est précisément le rôle du baromètre annuel des honoraires de l’OECCBB :

  • offrir une boussole professionnelle,
  • objectiver les discussions internes et avec les clients,
  • soutenir une tarification assumée, transparente et durable.


7. Conclusion

La tarification n’est ni un tabou ni une variable accessoire. Elle est au cœur de la pérennité économique des cabinets, de l’attractivité de la profession et de la qualité du service rendu aux entrepreneurs et aux citoyens.

À travers ses travaux, ses enquêtes et son baromètre annuel des honoraires, l’OECCBB continue d’assumer pleinement son rôle : outiller la profession, structurer les pratiques et transformer la complexité en clarté.

  • enquête clients sur la refacturation et la tarification des services de TwinnTax FR.pdf

    Document: PDF

    Télécharger

Mots clés