
Il ressort donc de l’analyse de l’expert en RH Acerta, réalisée sur la base des données de 26 000 entreprises et de 350 000 travailleurs du secteur privé, que des efforts sont encore à fournir. « Selon notre enquête, les employeurs attendent plus de précisions sur la réglementation », indique l’expert Acerta.
Grâce au budget mobilité, les travailleurs dont la fonction les rend éligibles à une voiture de société peuvent disposer d’un budget (ou d’une partie d’un budget) à utiliser comme bon leur semble : une voiture plus petite et plus verte (pilier 1), d’autres solutions de transport plus respectueuses de l’environnement (pilier 2) et/ou un versement en espèces (pilier 3).
Les entreprises comptant au moins 50 travailleurs doivent obligatoirement proposer le budget mobilité à partir de 2027. À partir de 2028, cette obligation s’appliquera également aux PME comptant au moins 15 travailleurs.
5,1 % de toutes les entreprises disposant de voitures de société proposent déjà un budget mobilité. Cela représente une augmentation de 13,3 % par rapport à fin 2025 (quand 4,5 % de toutes les entreprises disposant de voitures de société proposaient le budget). 13,5 % des entreprises disposant de voitures de société et d’au moins 50 travailleurs proposent désormais un budget mobilité. Le nombre global a donc augmenté de 6 % par rapport à 2025. 6,9 % des PME disposant de voitures de société et de 15 à 50 travailleurs, qui ont encore jusqu’à 2028 pour se mettre en ordre, proposent déjà un budget mobilité en 2026.

Illustration 1 : Évolution du nombre d’employeurs avec budget mobilité par taille d’entreprise. Chiffres d’Acerta.
Kathelijne Verboomen, directeur centre de connaissance chez Acerta, explique : « Le fait que les employeurs ne proposent pas encore le budget mobilité, alors qu’ils y seront bientôt tenus, s’explique par plusieurs facteurs, comme le révèle notre récente enquête auprès des employeurs. Les deux raisons les plus fréquemment citées sont le faible intérêt manifesté par les travailleurs pour le budget mobilité (48,1 %) et le fait que les travailleurs ont encore des contrats de leasing, de location ou autres en cours pour des voitures de société (38,9 %).
Cependant, les employeurs attendent également toujours plus de précisions sur le fonctionnement exact de la réglementation relative au budget mobilité (35,2 %). En effet, celle-ci n’est pas encore claire. Il subsiste notamment une incertitude quant à l’éventuelle mise en place d’une restriction concernant l’utilisation du budget mobilité pour financer un loyer ou un crédit immobilier. C’est actuellement possible, à certaines conditions, grâce au budget mobilité. Près de 6 employeurs interrogés sur 10 (58,9 %) souhaitent que cette option soit restreinte, voire supprimée. »
Le nombre de travailleurs qui optent pour un budget mobilité plutôt que pour une voiture de société a, jusqu’à présent, augmenté moins fortement que le nombre d’employeurs qui proposent ce budget en 2026 (+4 %). Seuls 4,4 % des travailleurs qui y ont droit optent pour un budget mobilité plutôt que pour une voiture de société. Le pilier 2, en particulier, continue de gagner fortement en popularité : après sept mois, le nombre de travailleurs bénéficiant du pilier 2 est déjà supérieur à celui de l’année 2025 dans son ensemble. Pas moins de 92,8 % des travailleurs bénéficiant d’un budget mobilité ont opté pour le pilier 2 au cours des sept premiers mois de 2026. Les travailleurs n’utilisent alors pas leur budget mobilité pour acquérir une voiture de société respectueuse de l’environnement, mais pour d’autres moyens de transport durables tels que le vélo, les transports en commun et la mobilité partagée. Il n’est pas encore possible de se prononcer définitivement sur la popularité du pilier 3, car le décompte annuel n’aura lieu qu’à la fin de l’année.
Kathelijne Verboomen poursuit : « Les employeurs comptant au moins 50 travailleurs ont tout intérêt à élaborer dès à présent une politique relative au budget mobilité, qu’ils pourront ensuite confronter à la réglementation définitive. En effet, cela implique un certain nombre d’aspects. Les employeurs doivent revoir leur politique en matière de véhicules, les services RH et de payroll doivent veiller à un traitement administratif et social correct, tandis que le service financier doit surveiller les répercussions du budget mobilité et le coût total des voitures de société. Nous constatons d’ailleurs que de plus en plus d’entreprises passent à l’action. De nombreux employeurs (56,4 %) considèrent en effet le budget mobilité comme un atout qui renforce leur attractivité. Les principales raisons invoquées par les employeurs pour proposer ce budget sont d’attirer et de fidéliser les talents (37,1 %) et de se positionner comme un employeur moderne (38,1 %). Pourquoi certains employeurs ne le proposeraient-ils pas encore ? Par exemple, parce qu’ils s’inquiètent de la complexité et de la charge administrative (40,6 %). Pourtant, nous constatons qu’avec un accompagnement adapté, la mise en place du budget mobilité s’avère souvent plus simple qu’on ne le pense. »

Illustration 2 : Principales raisons de mettre en place le budget mobilité selon les personnes interrogées, hors obligation légale. Chiffres de l’enquête de panel d’Acerta.
L’enquête a été réalisée sur un échantillon de plus de 200 employeurs (gérants, propriétaires, CEO et profils de niveau C) mettant à disposition des voitures de société et ayant au moins 15 travailleurs en service. 76,3 % des sondés sont néerlandophones et 23,7 % francophones. 25,1 % des employeurs avaient moins de 50 travailleurs en service, 31,9 %en avaient entre 50 et 250 et 43,1 % en avaient au moins 250.
Les données propres d’Acerta sont basées sur les données provenant de plus de 350 000 travailleurs – parmi lesquels plus de 24 000 starters – en service auprès de 26 000 employeurs, à la fois des PME et des grandes entreprises du secteur privé.