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La dette wallonne: regarder les chiffres sans accabler le gouvernement

​Le dernier rapport du Bureau fédéral du Plan sur la soutenabilité des dettes des entités fédérées mérite d’être lu avec sérieux, mais sans procès d’intention.

Pour la Région wallonne, le constat est exigeant : le risque de non-soutenabilité est jugé élevé dans tous les scénarios. Dans le scénario de référence, la dette passerait de 301 % des recettes disponibles ajustées en 2025 à 327 % en 2031. La probabilité qu’elle soit plus élevée en 2031 qu’en 2026 est de 99 %.

Il y a donc un décalage manifeste avec la Déclaration de politique régionale de 2024, qui entendait faire converger, sur dix ans, le ratio dette/recettes vers 180 %. Cette ambition reste défendable, mais elle est devenue bien plus difficile à atteindre.

Il faut replacer ces chiffres dans leur contexte. Le Gouvernement wallon hérite d’une dette déjà très élevée. La Wallonie a absorbé la pandémie, les inondations de 2021, le Plan de relance et la remontée des taux d'intérêt. À cela s’ajoutent une faible croissance et une base économique qui ne s’élargit pas assez vite. Quand le stock de dette est important, chaque choc de taux ou de croissance pèse davantage.

Il faut aussi reconnaître que des efforts ont été déployés. Le Bureau du Plan souligne que la fin du Plan de relance et les mesures d’économie ralentissent la hausse de la dette. Ce n’est pas encore une stabilisation, mais ce n’est pas rien.

Une conclusion politique me paraît cependant s’imposer. Le temps des promesses générales de baisses d’impôts est probablement révolu. Les réductions déjà décidées peuvent être maintenues, mais de nouvelles diminutions fiscales non financées seraient difficilement conciliables avec une dette qui continue de progresser et une marge budgétaire étroite. Le réalisme doit reprendre le dessus.

Tout n’est pourtant pas sombre. Le marché du travail offre un motif d’espoir. Le taux d’emploi wallon devrait passer de 67,9 % en 2025 à 70,4 % en 2031. Le chômage administratif augmenterait légèrement, de 14,5 % en 2025 à 14,9 % en 2026, avant de reculer vers 13,8 % en 2031.

C’est sans doute là que se trouve la clé. La Wallonie ne sortira pas de sa contrainte budgétaire par les seules économies, ni par une hausse permanente des prélèvements. Elle en sortira surtout si davantage de Wallons travaillent, si la base productive s’élargit et si les investissements publics sont concentrés sur ce qui accroît réellement la croissance.

Le rapport du Bureau du Plan est donc un avertissement sévère, mais utile. La trajectoire actuelle n’est pas satisfaisante. Elle n’est pas irréversible. L’amélioration du taux d’emploi montre qu’un redressement est possible, à condition de choisir la cohérence, la continuité et le temps long. ​

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