
PwC Belgique compte désormais 1.979 collaborateurs, contre 2.305 en 2023, pour un chiffre d'affaires qui se maintient à 439,9 millions d'euros. Intelligence artificielle, équipes à l'étranger, profils plus spécialisés : notre métier se transforme sous nos yeux. Faut-il s'en inquiéter ou s'en saisir ? Pour nos cabinets d'expertise comptable, la réponse se construit ensemble — et l'Ordre vous accompagne dans cette réflexion.
Moins de collaborateurs, autant de chiffre d'affaires. C'est, en une phrase, ce que révèlent les derniers résultats de PwC Belgique pour l'exercice juillet 2025 – juin 2026. L'effectif passe sous la barre des 2.000 personnes, une première depuis 2019, tandis que le chiffre d'affaires se stabilise à 439,9 millions d'euros (+0,3 %). Sur trois ans, les effectifs reculent de 14 % et le chiffre d'affaires progresse de 5 %. Résultat : le chiffre d'affaires par collaborateur est passé de 181.000 à 222.000 euros.
On pourrait n'y voir qu'une affaire de grands cabinets, loin de notre quotidien. Ce serait une erreur. Ce qui se joue là nous concerne tous : la manière de produire, d'organiser et de valoriser notre travail est en train de changer.
Le CEO de PwC Belgique le dit sans détour : « le PwC d'aujourd'hui n'a rien à voir avec celui d'il y a quelques années ». Le modèle associe désormais intelligence artificielle, équipes locales et centres d'expertise à l'étranger. Concrètement, le travail réalisé pour un client belge n'est plus nécessairement effectué en Belgique. Aucun programme de réduction de personnel n'est annoncé — le cabinet continue de recruter, autour de 400 personnes par an — mais les profils recherchés changent : plus spécialisés, plus technologiques.
Un signal nous parle directement : des trois métiers du cabinet, c'est le pôle fiscal et juridique qui progresse (+3,2 %), quand l'audit (−0,4 %) et le consulting (−1,8 %) reculent. Le conseil reste une valeur sûre — à condition d'évoluer.
Faut-il s'inquiéter ? La question circule dans nos cabinets, et elle est légitime. Quand une tâche se fait en quelques secondes grâce à un outil, ou à des milliers de kilomètres, que reste-t-il au professionnel de proximité ? Que devient le jeune collaborateur qui apprenait le métier en encodant, en rapprochant, en vérifiant ?
L'inquiétude est compréhensible. Mais elle n'est pas un projet. Le monde change, avec ou sans nous ; la seule vraie question est de savoir si nous le subissons ou si nous nous en saisissons. Et nous avons des atouts que ni l'IA ni l'offshoring ne remplaceront : la connaissance intime du dirigeant de PME, la relation de confiance construite année après année, la capacité à traduire une règle fiscale en décision concrète pour une famille ou une entreprise.
L'outil mesure la productivité ; la confiance, elle, ne se délocalise pas.
Ces atouts n'ont toutefois de valeur que si nous libérons le temps de les exercer. C'est là que l'outil cesse d'être une menace pour devenir un allié.
L'Ordre n'a pas la prétention d'avoir toutes les réponses. Il a l'ambition — avec son équipe et ses administrateurs — de vous accompagner dans vos réflexions et de vous donner les moyens d'agir.
C'est le sens de nACnAI, notre robot d'intelligence artificielle, déjà accessible aux membres : un outil pensé pour la profession, qui permet à chacun de s'approprier l'IA dans un cadre maîtrisé. C'est aussi le sens de la Pratique de stage, lancée en septembre, qui accompagne la nouvelle génération dans un métier dont les gestes changent. C'est enfin le sens du réseau United Associates, au sein duquel nous préparons un site web pour nos membres, enrichi de contenus fiscaux communs, afin que chaque cabinet, quelle que soit sa taille, puisse affirmer sa présence et sa valeur.
Ces chantiers poursuivent une même ambition : que l'expert-comptable indépendant, à Bruxelles comme en Wallonie, dispose des mêmes leviers que les grandes structures — sans renoncer à ce qui fait sa force.
Nous ne choisirons pas le rythme des mutations. Nous pouvons choisir la manière de les traverser : ensemble, lucides, outillés. Les grands cabinets réinventent leur modèle ; nos cabinets francophones peuvent réinventer le leur, à leur mesure et avec leurs valeurs.
Alors, s'inquiéter ou se saisir ? Vous connaissez déjà la réponse. L'Ordre, lui, est à vos côtés pour la mettre en œuvre. Vos réflexions nous intéressent : partagez-les avec nous.