L'actif le plus précieux n'apparaît dans aucune déclaration
Temps de lecture: 2 min | 02 oct. 2026 à 11:00
Guy KAHN
Président @ Experts-comptables sans frontières | Administrateur @ Forum For the Future
L'IRM de nos vies: et si nous passions enfin notre propre cabinet au scanner ? Septembre s'est achevé, octobre s'ouvre sous les échéances. Et si, avec la même rigueur que nous mettons au service de nos clients, nous appliquions le discernement à nos propres choix ? Une chronique pour auditer nos vies, protéger notre énergie et ne pas oublier ce qui nous fait tenir.
Septembre vient de s'achever. Dans bon nombre de nos cabinets, la rentrée a été dense. Les dossiers se sont empilés. Nos équipes ont tenu bon. Nos familles aussi, souvent dans l'ombre.
Octobre est là avec ses échéances, ses appels, ses courriels. Toutes les déclarations à rentrer au cours de ce mois y ajoutent à la pression. Nous connaissons cette sensation : tout semble urgent, et le temps manque à chacun·e.
Et si nous appliquions à nos propres choix le discernement que nous mettons au service de nos clients·e·s ?
Nous connaissons la matérialité. Une information compte lorsqu'elle peut changer une décision. Pourtant, combien de fois laissons-nous un courriel prendre la place d'une conversation essentielle ? Aussi, avant de répondre à la prochaine sollicitation, demandons-nous : dans six mois, qu'est-ce qui aura vraiment compté ?
Nous connaissons également la perte de valeur. Elle ne survit pas toujours d'un coup. Un jogging annulé ne bouleverse rien. Un dîner reporté non plus. Mais à force de remettre le repos, l'amitié ou l'écoute à plus tard, quelque chose s'use sans faire de bruit. Notre énergie. Nos liens avec nos proches. La confiance de nos collaboratrices et collaborateurs. Ces richesses ne figurent dans aucune déclaration fiscale . Elles méritent pourtant notre vigilance.
Enfin, chaque « oui » à son coût d'opportunité. Une heure de plus au cabinet peut être nécessaire. Nous le savons. Mais si elle devient la règle, à quoi disons-nous « non » ? À une présence attendue ? À notre santé ? Au silence dont nous avons besoin pour retrouver du recul ?
Il ne s'agit ni de fuir nos responsabilités ni de nous culpabiliser lorsque nous portons notre cabinet à bout de bras. Il s'agit de nous rappeler, entre consoeurs et confrères, qu'une vie ne se mesure pas seulement aux échéances respectées.
Ce mois-ci, ménageons donc une place à ce qui nous fait tenir et grandir. Pour nos clients·e·s, pour nos équipes, pour ceux que nous aimons. Et pour nous aussi.