
En principe, dans notre pays, les organisations doivent disposer d’un système leur permettant d’enregistrer les heures prestées par leurs travailleurs à compter du 1er janvier 2027. Selon une nouvelle étude menée par Acerta, 7 entreprises sur 10 enregistrent déjà au moins en partie le temps de travail de leurs travailleurs. Cependant, les employeurs sont divisés quant à l’utilité de l’obligation : 42,8 % sont (totalement) opposés à l’enregistrement obligatoire du temps de travail, tandis que 37,8 % y sont (très) favorables. En Région wallonne, un nombre étonnamment élevé d’employeurs soutiennent l’enregistrement obligatoire du temps de travail (56,2 %), principalement en raison du suivi plus efficace des heures supplémentaires.
L’intérêt divise les employeurs : à peu près autant de partisans que d’opposants à la nouvelle loi.
À la demande de l’Europe, les employeurs de notre pays doivent mettre en place un système objectif, fiable et accessible afin d’enregistrer le temps de travail quotidien des travailleurs. En principe, la nouvelle obligation devrait entrer en vigueur sur les lieux de travail belges dans trois mois (si la législation nécessaire est prête), soit le 1er janvier 2027. Où en sont les entreprises belges pour l’instant et comment perçoivent-elles cette future obligation ?
Un peu plus de 4 employeurs sur 10 (42,8 %) sont (fortement) opposés à l’introduction obligatoire de l’enregistrement du temps de travail. Parallèlement, 37,8 % des responsables interrogés y sont modérément ou fortement favorables. Le reste, c’est-à-dire près d’une personne sur 5 (19,4 %), adopte une position neutre. Nous observons toutefois des différences marquées entre les régions. C'est surtout en Région wallonne que cette obligation suscite un vif intérêt : près de 6 personnes sur 10 y sont (très) favorables et seules 2 sur 10 s'y opposent fermement. En Région flamande, en revanche, près de la moitié (49,7 %) s'oppose à cette obligation.

Illustration 1 : êtes-vous favorable ou défavorable à l’obligation d’enregistrement du temps de travail au sein de votre organisation ? – chiffres issus de l’enquête Acerta 2026.
Qu’ils soient pour ou contre, un nombre remarquablement élevé d’employeurs disposent déjà d’un système d’enregistrement du temps. Près de 7 employeurs sur 10 (69,7 %) enregistrent les heures travaillées par leurs travailleurs. 41,1 % de l’ensemble des employeurs interrogés enregistrent déjà les heures de travail prestées de tous leurs travailleurs à l’aide d’un système tel qu’une pointeuse numérique ou une application. Les autres employeurs qui enregistrent déjà le temps de travail le font partiellement, par exemple pour certains groupes de travailleurs et dans certaines situations, comme pour les temps partiels et les horaires flottants.
Dans le secteur du profit social et dans les entreprises de production, pratiquement 8 employeurs sur 10 (78,7 % pour les deux) possèdent déjà l’une ou l’autre forme d’enregistrement du temps sur le lieu de travail, souvent pour des raisons évidentes. Jusqu’à présent, ce sont les entreprises de services qui y recourent le moins (62,6 %). Ceux qui n’enregistrent pas encore (toutes) les heures de travail préfèrent s’appuyer sur la confiance (46,3 %). Près d’un employeur sur 3 (27,9 %) déclare ne tout simplement pas avoir besoin d’un système d’enregistrement du temps. La charge administrative (17,6 %) et le coût (7,4 %) jouent un rôle (nettement) moins important dans la décision de ne pas encore enregistrer les heures de travail.

Illustration 2 : principales raisons de ne pas encore avoir de système d’enregistrement du temps (complet) – chiffres issus de l’enquête Acerta 2026.
Les entreprises encore dépourvues de système d’enregistrement du temps s’attendent à rencontrer une certaine résistance de la part de leur personnel. Près de deux entreprises sur trois (64,2 %) craignent de ne pas pouvoir compter sur le soutien de leur personnel. Cette inquiétude s’avère toutefois quelque peu infondée : parmi les entreprises qui disposent déjà d’une certaine forme d’enregistrement du temps, seul un quart (24,8 %) a constaté une réaction négative des travailleurs. Les employeurs sans système d’enregistrement du temps de travail sont nettement plus nombreux (86,6 %) à craindre que leurs travailleurs y voient un moyen de contrôle supplémentaire, alors que cette perception n’est partagée que par 64 % des travailleurs.
Ces chiffres reposent sur une étude menée par Acerta auprès de 304 responsables et dirigeants d’entreprise. Les personnes interrogées représentent des organisations des secteurs privé et public comptant au moins 10 travailleurs et sont impliquées dans la politique du personnel et de l’organisation au sein de leur entreprise.