
Le calme avant la tempête ? Si le mois d’avril 2026 restera gravé dans l’histoire fiscale belge, avec l’adoption de la loi visant à taxer notamment les plus-values sur actions mois d’avril, le mois de mai 2026 demeure relativement calme au niveau des évolutions législatives. Le gouvernement et le parlement travaille toutefois en coulisse pour nous concocter une fin d’année judiciaire particulièrement chargée. Petit tour d’horizon.
Pour rappel, la loi visant à taxer les plus-values sur les actifs financiers a été adoptée le 6 avril 2026 (MB : 21 avril 2026).
Bien qu’adopter en cours d’année, il importe de rappeler que la loi entre en vigueur avec effet au 1er janvier 2026.
Selon certains articles de presse, une loi réparatrice serait déjà en préparation !
Il parait compliqué à ce stade de savoir précisément ce sur quoi porteront ces réparations. Wait and see.
Pour rappel, le gouvernement avait déposé ce projet de loi-programme pour donner suite aux mesures annoncées dans le cadre de l’accord budgétaire de fin 2025.
Cette loi-programme aura notamment des conséquences importantes sur les mécanismes du (i) VVPRbis, (ii) de la réserve de liquidation et (iii) des droits d’auteurs (plus d’info : ici ).
La loi devait initialement entrer en vigueur au 1er avril 2026.
Suite à un renvoi au conseil d’Etat et d’un nouveau report du vote la semaine dernière, la loi n’est toujours pas votée. Elle devrait de nouveau être soumis au vote des parlementaires dans la semaine du 26 mai 2026, suivi d'une publication au Moniteur belge dans la foulée, en cas de vote favorable.
La loi entrera alors en vigueur le premier jour du mois suivant la publication).
Ces multiples report entraine les conséquences suivantes :
Tant que la loi n’est pas en vigueur, le taux de 15% reste d’application. De nombreux débats se sont portés sur la possibilité de distribuer anticipativement les bénéfices de sa société. Dans l’intervalle, de nombreuses assemblées générale se sont tenues aux dates statutaires et on distribuer leurs bénéfices par la voie « classique ».
Pour celles qui se tiendraient en juin, la question d’une distribution de dividendes anticipées demeure d’actualité.
Gardons aussi à l’esprit que les retards dans l’adoption de la loi posent la question de l’opportunité de distribuer anticipativement le bénéfice de 2026 (« acompte sur dividende »). Rappelons que cette possibilité doit être prévue dans les statuts.
Pour rappel, le projet de loi programme prévoit une majoration de l’impôt dû en cas d’une distribution de réserve de liquidation en cours de vie sociale (hors cas d’une liquidation, donc) : l’impôt à la sortie passera de 6,5% à 9,8%.
Attention : le nouveau régime concernera les réserves constituées « à une date postérieure au 30 décembre 2025 ». Partant, les réserves constituée lors de l’affectation du résultat de l’exercice clôturé au 31.12.2025 seront bien concernées par ce nouveau régime.
Et ce pose question au regard du principe de rétroactivité de loi fiscale. En effet, comme expliqué supra, de nombreuses sociétés on déjà tenu leur assemblée générale et affecté à cette occasion le résultat issus des comptes arrêté au 31.12.2025. Or, sur base de la législation actuelle, il est prévu que ces réserves donnent lieu à un impôt de 6,5% à la sortie (et non de 9,8%).
Pour rappe, le projet prévoit la suppression du régime des frais forfaitaires. Le contribuable ne pourra pas davantage revendiquer le forfait de frais normal de 15 % de l’article 3 de l’AR/CIR. Ceci sous réserve
En d’autres termes, l’auteur pourra uniquement revendiquer la déduction de ses frais réels. Ceci ne va bien entendu pas dans le sens d’une simplification.
Par exception, le régime des frais forfaitaire demeurera possible pour les auteurs bénéficiant d’une « attestation du travail des arts » et uniquement à concurrence des droits d’auteur provenant de l’activité pour laquelle l’attestation est délivrée. Les attestations « starter » ne seront quant à elle pas suffisantes.
Date d’entrée en vigueur : revenus payés ou attribués à partir du 1er janvier 2026.
Par exception, en matière de précompte mobilier, la nouvelle loi s’appliquera pour les "revenus payés ou attribués à partir du dixième jour après la date de publication de la loi au Moniteur belge.
Cela implique que le précompte mobilier actuellement reconnu est dans la majorité des cas insuffisant et qu’un impôt complémentaire sera enrôlée via la déclaration fiscale liée à l’EI 2027. Cet impôt complémentaire sera d’autant plus important que la loi traine à être votée. Les contribuables doivent veiller à provisionner le montant suffisant.
Ce projet de loi n’est pas récent. Il a été déposé au parlement le 17/12/2025.
Celui-ci devait toutefois être illustré de « microsimulations » sur les conséquences financières de la réforme, sur l’impact concernant la situation fiscale des belges (quid des fameux « 500€ » entre les revenus du travail et les revenus liés à une inactivité ?), etc.
Ces simulations ont été transmises au Parlement le 13 mai 2026 et la discussion sur le projet a ainsi pu débuter (pour plus d’info : ici )
Pour rappel, cette loi prévoit notamment :
A l’occasion des premières discussions ci-dessus, le Ministre des Finances a notamment apporté une précisions très importantes en ce qui concerne le régime fiscal des droits d’auteur :
« Hier, un député a déjà évoqué dans le journal la prétendue insécurité juridique – Permettez-moi de dissiper immédiatement ce doute :
En ce qui concerne le champ d'application personnel, je peux vous donner les précisions suivantes.
L'article 17, § 1, du CIR 92, qui énumère les revenus mobiliers, stipule qu'en l'absence d'attestation d'œuvre d'art, l'ayant droit doit céder ou concéder sous licence ses droits d'auteur à un tiers en vue d'une communication au public, d'une exécution ou représentation publique, ou d'une reproduction.
Les trois finalités pour lesquelles les droits d'auteur sont cédés ou concédés sous licence sont trois notions distinctes et équivalentes. La « communication au public », l’« exécution ou représentation publique » et la « reproduction » constituent donc trois alternatives possibles sans que celles-ci doivent être interprétées conjointement comme des conditions d’application cumulatives ».
Cette précision devrait être éclairantes, notamment pour les contribuables qui se verraient actuellement opposé, par l’administration, une position selon laquelle les droits d’auteurs doivent être cédés à des fins de reproduction en vue d’une communication au public.
Les flexi-jobs pourront être exercés dans la quasi-totalité des secteurs privé et public, mais le Roi pourra, à la demande des partenaires sociaux, en exclure tout ou partie de certains secteurs.
Cette réforme devrait entrer en vigueur à partir du 1er juillet 2026.
Plusieurs circulaires ont été adoptées durant ce mois. Parmi celles-ci :
La FAQ concernant la DLU Quinquies a été publiée en date du 24/04/2026.