
Il est peu utile de faire des prévisions concrètes sur la durée restante du conflit. Et même si les États-Unis réduisent leurs attaques dans les semaines à venir, il est très possible qu’Israël continue simplement. Israël a intérêt à infliger le maximum de dégâts à l’Iran et à ses proxys. Par ailleurs, il est incertain ce qui se passera ensuite en Iran même. Le scénario le plus probable à ce stade est que le régime reste en place avec une série de nouvelles figures à sa tête qui seront sans doute (encore) plus dures que leurs prédécesseurs. Le risque d’instabilité persistante dans la région, avec une pression continue de l’Iran sur le détroit d’Hormuz, demeure très réel, impliquant naturellement un impact durable sur les prix de l’énergie.
Les prix de l’énergie ont clairement augmenté depuis le début du conflit, et la volatilité demeure élevée avec des sauts de prix relativement importants selon certaines déclarations. Aujourd’hui, le prix européen du pétrole est à 109 dollars le baril (80 % plus élevé qu’au début de l’année) et le prix européen du gaz est à 51 eur/MWh (75 % plus élevé qu’au début de l’année). Si la fermeture de facto du détroit d’Hormuz dure encore un certain temps, ces prix devront encore fortement augmenter.
Aujourd’hui, environ 10 % de la production mondiale de pétrole est hors ligne (ce qui ne peut être facilement remplacé). Avec les stocks et les réserves, il est temporairement possible d’amortir un peu le choc, mais si cela dure plus longtemps, la demande devra s’ajuster à l’offre plus limitée. Cela se fera par des prix plus élevés qui inciteront entreprises et ménages à réduire leur consommation. Pour cela, des prix de l’énergie sans doute bien plus élevés qu’aujourd’hui seront nécessaires.
Par ailleurs, l’instabilité persistante dans la région (et le fait que des lignes rouges telles que la fermeture du détroit d’Hormuz et l’attaque des capacités de production ont été franchies) impliquent une prime de risque structurellement plus élevée dans les prix de l’énergie. Une normalisation des prix de l’énergie ne semble donc pas envisageable à court terme.
Étant donné la volatilité sur les marchés de l’énergie, il est utile d’envisager différents scénarios selon ce qui se passe sur ces marchés. Sur base des analyses de la BCE, les scénarios suivants pour 2026 donnent une indication :
Ce ne sont évidemment que des simulations, mais elles donnent une indication de l’impact possible de la crise énergétique actuelle.
Sur le marché, les attentes sont aussi désormais accrues quant à une réaction de la BCE par des hausses de taux face aux anticipations d’inflation plus élevées. Cela semble prématuré. Des hausses de taux en réponse à un choc d’offre externe ne sont pas une bonne idée, à moins qu’il n’y ait un risque sérieux d’effets de second tour où les prix plus élevés de l’énergie se traduiraient aussi par des salaires plus élevés, provoquant ainsi une spirale salaire-prix. Cela ne semble pas être le cas à court terme dans la zone euro.
L’intensité énergétique de notre économie est clairement plus élevée que la moyenne européenne (+40 %) et parmi les plus élevées des États membres d’Europe de l’Ouest. Cela tient à la composition de notre économie, notamment avec le poids relativement important de l’industrie énergivore. Par ailleurs, nous dépendons aussi plus que la moyenne (à hauteur de 75 %) des importations, principalement d’énergies fossiles. Cela signifie que l’économie belge est plus sensible aux chocs énergétiques que le reste de l’Europe.
Avant le début du conflit, l’économie belge était sur une trajectoire de croissance de 1,1 % et d’inflation de 2 % pour 2026. Les quatre grandes banques ont déjà revu leurs perspectives de croissance pour 2026 à la baisse, à 0,7 %, et ont relevé leurs prévisions d’inflation à 3 %. Ces révisions restent sans doute encore trop prudentes. La confiance des entrepreneurs se situe aujourd’hui (la dernière enquête ayant été réalisée dans la première moitié de mars) à un niveau qui correspondait par le passé à une économie stagnante.
Dans la situation actuelle, et avec la perspective que la perturbation des marchés de l’énergie se prolonge, l’économie belge semble se diriger vers une croissance comprise entre 0 et 0,5 % cette année. Les perspectives sont particulièrement dramatiques pour l’industrie énergivore, tandis que le secteur de la construction et le commerce risquent aussi de subir une pression croissante. Pour l’inflation, un scénario le plus probable se situe aujourd’hui entre 3,5 et 4,5 %. Cela signifie également une forte revalorisation des salaires via l’indexation.
Ces dernières semaines, certains ont demandé que le gouvernement aide les ménages dans cette crise énergétique, ou qu’il intervienne d’urgence face aux prix élevés de l’énergie. C’est un raisonnement simpliste. Les gouvernements belges ont déjà un manque à gagner (déficit budgétaire de 33 milliards), et cette crise va encore creuser ce déficit. Une croissance économique plus faible (disons 0,4 %) menace déjà de coûter 2,5 milliards à nos gouvernements, tandis que la hausse des taux d’intérêt augmenterait à terme la charge de la dette publique de 3 milliards. Il n’y a donc clairement pas d’argent pour des mesures de soutien larges.
Le gouvernement peut éventuellement intervenir de façon ciblée, par exemple en soutenant directement les plus vulnérables. Par ailleurs, il doit surtout veiller à ce que cette crise (temporaire) ne porte pas de dommages structurels à notre économie. Cela implique d’éviter que cette crise n’alourdisse nos entreprises d’un nouveau handicap salarial (via une indexation des salaires trop rapide) ou que certaines activités énergivores ne disparaissent définitivement de notre économie (à cause d’une crise trop forte).
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