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Déclarations fiscales: quand nos proches, ami.e.s et connaissances se souviennent de nous ...

Vous connaissez la scène : la saison des déclarations bat son plein, et voilà qu'anciens voisins, parents d'élèves ou cousins éloignés réapparaissent, sourire gêné en coin, avec "juste une petite question". Parce que vous, vous comprenezces choses-là.

Derrière chaque "petit coup de main", il y a du temps, de l'énergie et de la responsabilité. Dix minutes glissent vers une demi-heure, une question simple révèle une situation patrimoniale complexe... et, pendant ce temps, l'équipe, elle, gère le flux "officiel".

Poser des limites n'est pas manquer de cœur. Aussi, trois formulations clés sont proposées en "boîte à outils" pour dire non, ou "oui, mais dans un cadre clair», sans abîmer la relation.

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La serviabilité, oui. L'épuisement, non

Nous le savons toutes et tous : à l’approche de la rentrée des déclarations fiscales, il y a comme une marée qui remonte. Des ami.e.s, des connaissances, d’anciens voisins, des parents d’élèves réapparaissent avec un sourire un peu gêné et Ils espèrent un coup de pouce, un avis, une correction, parfois une prise en charge complète. Souvent gratuitement.

Ce n’est pas de la mauvaise volonté. C’est de la confiance. Pour eux, nous sommes « la » personne qui comprend ces papiers, ces codes, ces cases mystérieuses. Ils pensent à nous comme on pense à un médecin dans la famille ». Ils comptent sur nous. Et, soyons honnêtes, nous avons parfois du mal à dire non.

Mais derrière chaque « petit service », il y a du temps, de l’énergie, de la responsabilité. Dix minutes deviennent une demi-heure. Une réponse rapide se transforme en relecture complète. Une simple question débouche sur une situation matrimoniale, patrimoniale ou professionnelle infiniment plus complexe qu’annoncé.

Pendant ce temps-là, nos équipes portent la charge de travail « officielle ». Nos collaborateur.rice.s jonglent déjà avec les dossiers, les échéances et les urgences.
Nous le sentons : si nous ne mettons pas de cadre, nous nous épuisons. Nous donnons beaucoup, par habitude, par sens du devoir, par générosité. Mais jusqu’où ?

À partir de quand ce qui devait être un geste amical met en danger notre équilibre, celui de nos équipes, et la qualité de nos missions principales ?

Poser des limites n’est pas manquer de cœur. C’est prendre soin de notre profession, de nos cabinets et de nos proches.

  • Nous pouvons, par exemple, décider ensemble de quelques règles simples : réserver ces « coups de main » à des moments précis, distinguer le simple conseil oral de la prise en charge complète d’une déclaration, oser parler d’honoraires, même avec un ami, quand la prestation devient une vraie mission, protéger nos équipes en évitant de leur imposer les « urgences » personnelles de notre entourage.

Nous avons le droit d’être disponibles, mais aussi le droit d’être protégés. Nous avons le devoir d’aider, mais aussi le devoir de rester lucides. Dire « non », parfois, ou dire « oui, mais dans un cadre clair, c’est rester fidèle à ce que nous sommes : des professionnel.le.s responsables, au service de l’intérêt général… pas des ressources inépuisables.

Si nous avons le courage d’en parler entre nous, de partager nos pratiques, de fixer des repères communs, alors cette période de déclarations restera ce qu’elle doit être : un moment exigeant, oui, mais pas une zone grise où notre générosité se retourne contre nous. Et, au fond, c’est aussi une marque de respect pour celles et ceux qui comptent sur nous au quotidien : nos client.e.s, nos équipes… et nos proches.

Boîte à outils : dire non sans casser le lien

  • « Ta situation mérite qu’on la traite comme un vrai dossier, avec le temps et l’attention nécessaires. Au‑delà d’un simple coup de pouce, cela relève d’une mission avec honoraires. »
  • « Je tiens beaucoup à notre relation. Pour éviter les malentendus, je préfère séparer ce qui relève de l’amitié et ce qui relève de mon métier. On peut organiser cela via le cabinet, dans un cadre clair. »
  • « Ce que je peux faire volontiers, c’est te donner quelques repères généraux. En revanche, pour remplir ou corriger ta déclaration, il faut qu’on passe par le cabinet, comme pour n’importe quel client. »
Et, souvenons que protéger nos limites, c’est protéger la qualité de notre engagement au service de toutes et tous.

Guy K

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