
Par ailleurs, la prééminence du dollar permet aux États-Unis de consommer plus qu’ils ne produisent en maintenant le dollar comme monnaie de réserve centrale, notamment en cotant les matières premières en cette devise. Le monde a un besoin insatiable de dollars, qui sont fournis par les États-Unis au moyen d’échanges monétaires. Le dollar est donc un instrument de thésaurisation pour le reste du monde, mais un étalon dévaluationniste pour en garantir l’abondance, car ce qui est abondant finit par perdre de sa valeur. Tout cela est donc très fragile et, quand les États-Unis sont asphyxiés monétairement, ils dévaluent leur monnaie. Franklin Roosevelt l’a fait en 1934 et Richard Nixon en 1971.
Donald Trump ne s’est jamais caché de vouloir un dollar faible afin de stimuler les exportations américaines, notamment au moyen de taux d’intérêt bas fixés par la Federal Reserve. Un dollar faible agit aussi comme une double peine pour les entreprises qui exportent vers les États-Unis, puisqu’il s’ajoute aux droits de douane.
Le président de la Federal Reserve, Jerome Powell, a résisté à Donald Trump, car cette institution, au-delà de la gestion des parités de change et du niveau d’activité économique, doit aussi contrôler l’inflation — dont Donald Trump nie l’existence.
Le prochain président de la Federal Reserve sera Kevin Warsh. Aujourd’hui, les marchés sont rassurés par cet homme sérieux. Mais cette nomination marque un tournant philosophique majeur. Contrairement à Jerome Powell, qui pilotait la Federal Reserve au radar des statistiques mensuelles, Kevin Warsh prône une économie de conviction.