
Dans les milieux politiques, et surtout à gauche, l’index est systématiquement présenté comme la protection ultime du pouvoir d’achat. Mais ce n’est pas le cas. Au cours des 25 dernières années, le salaire réel par travailleur (donc corrigé de l’inflation) a augmenté en Belgique de 0,5 % par an. En moyenne, en Allemagne, aux Pays-Bas et en France, où il n’y a pas d’indexation automatique, cette hausse s’est également élevée à 0,5 % par an. Avec ou sans indexation, le pouvoir d’achat des salaires évolue donc de manière assez similaire. Cela ne doit pas vraiment surprendre : sur le long terme, le pouvoir d’achat est déterminé par la croissance économique, et non par l’indexation.
Le deuxième argument en faveur de l’indexation automatique est qu’elle assure la paix sociale. Si les employeurs et les travailleurs ont moins de négociations à mener sur les salaires, parce que leur évolution est largement automatisée, cela devrait entraîner moins de troubles sociaux. Mais cet argument est également difficile à défendre, étant donné que la Belgique est désormais championne européenne des grèves, malgré notre indexation automatique des salaires.
Les deux arguments majeurs en faveur de l’indexation automatique des salaires ne tiennent donc pas. Pire encore, dans certaines situations de crise, cette indexation a même un impact négatif sur notre potentiel économique.
L’indexation automatique garantit bien que le pouvoir d’achat est protégé à court terme en période d’inflation croissante. Le revers de la médaille est que le coût de cette protection repose intégralement sur les entreprises. De plus, l’ajustement des salaires à l’inflation chez nous est beaucoup plus rapide que dans d’autres pays où cela ne se fait pas automatiquement, mais résulte de négociations entre employeurs et travailleurs. Cela se traduit par une position concurrentielle affaiblie qui met les entreprises sous pression et pèse sur l’emploi. Et cette dynamique est aggravée par le fait que l’inflation est mal calculée chez nous, principalement parce que seuls les nouveaux contrats d’énergie sont pris en compte. Lors d’un choc énergétique, l’inflation augmente donc plus rapidement chez nous que dans le reste de l’Europe. Combiné à l’indexation automatique, cela crée un handicap concurrentiel supplémentaire.
Nous avons déjà vu ce schéma à plusieurs reprises par le passé et le constatons à nouveau avec le choc énergétique actuel. La perte de compétitivité doit alors être finalement rétablie soit par un saut d’index, soit par une modération salariale maintenue via la norme salariale. C’est dans ce cadre que s’inscrit également l’index des centimes. Celui-ci est d’autant plus complexe que le gouvernement cherche à renforcer la compétitivité, améliorer le budget et préserver les bas salaires. Ce sont trop d’objectifs pour une seule mesure. Et ce qui est surtout oublié : il s’agit au final d’un réajustement extrêmement complexe d’un mécanisme qui ne remplit pas la fonction pour laquelle il est destiné.
Le débat devrait en réalité porter sur la manière dont nous pouvons évoluer vers un processus de formation des salaires qui produise les meilleurs résultats tant pour l’économie que pour le marché du travail et donc aussi pour le pouvoir d’achat. Comme dans la plupart des autres pays, il s’agirait d’une formation des salaires basée sur des négociations entre employeurs et travailleurs, sans indexation automatique ni norme salariale. Le gouvernement ferait mieux de se concentrer là-dessus plutôt que de s’accrocher à l’index des centimes bancal.
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